Le pré-contentieux locatif est une étape cruciale souvent méconnue dans la gestion immobilière. Avant tout litige judiciaire, il permet aux bailleurs d’agir rapidement face aux impayés de loyers ou de charges, de sécuriser leurs revenus et de limiter les risques financiers. Bien organisé, il combine obligations légales, relances structurées et outils numériques pour maximiser les chances de régularisation amiable. Comprendre ses mécanismes, ses risques et les bonnes pratiques devient essentiel pour tout propriétaire souhaitant optimiser la performance de son parc immobilier tout en restant en conformité avec la loi.
Qu’est-ce que le pré-contentieux locatif ?
Le pré-contentieux locatif désigne l’ensemble des actions engagées par le bailleur avant le déclenchement d’une procédure judiciaire, principalement en cas d’impayés de loyers ou de charges. Il constitue une phase intermédiaire entre la gestion courante du bail et le contentieux lourd.
Dans les faits, le pré-contentieux est la phase la plus déterminante du cycle de recouvrement. Les études sectorielles montrent que 60 à 70 % des situations d’impayés peuvent être résolues sans passage devant un juge, à condition que cette phase soit rapide, structurée et correctement tracée.
À l’inverse, un pré-contentieux mal piloté augmente fortement :
- les délais de recouvrement,
- les montants irrécouvrables,
- la probabilité d’un contentieux long et coûteux.
Les chiffres clés du pré-contentieux locatif
Quelques ordres de grandeur observés chez les bailleurs professionnels :
- 1 à 3 % du parc est en situation d’impayés persistants selon la typologie (privé, social, résidences gérées)
- un impayé non traité dans les 30 premiers jours à deux fois plus de chances d’évoluer vers un contentieux
- chaque mois de retard dans la prise en charge augmente la dette moyenne de 15 à 25 %
- un contentieux judiciaire peut durer 12 à 24 mois, avec des coûts indirects élevés (temps, frais, vacance)
Ces chiffres expliquent pourquoi le pré-contentieux est aujourd’hui considéré comme un levier majeur de performance financière pour les bailleurs.
Les obligations légales et opérationnelles du bailleur
En phase de pré-contentieux, le bailleur doit respecter plusieurs obligations cumulatives.
Respect de la gradation des actions
Le bailleur ne peut pas passer brutalement d’un retard de paiement à une procédure judiciaire. Les pratiques attendues incluent :
- rappel simple,
- relance formalisée,
- mise en demeure,
- échanges documentés avec le locataire.
Cette gradation est scrutée en cas de contentieux.
Exactitude des montants réclamés
Les sommes demandées doivent être :
- juridiquement fondées,
- cohérentes avec le bail,
- précisément calculées (loyers, charges, indemnités éventuelles).
Une erreur de calcul peut fragiliser l’ensemble du dossier.
Conservation des preuves
Le bailleur doit être en mesure de produire :
- l’historique des relances,
- les courriers envoyés,
- les montants réclamés mois par mois,
- les éventuels échanges avec le locataire.
Sans traçabilité, le dossier peut être contesté.
Le process de pré-contentieux étape par étape
Étape 1 – Détection rapide de l’impayé
Le point de départ est la détection automatique ou quasi immédiate du défaut de paiement.
Dans les organisations peu outillées, cette détection peut prendre plusieurs semaines, ce qui fait perdre un temps précieux.
👉 Bonnes pratiques : détection dès J+1 ou J+5 après échéance.
Étape 2 – Relance amiable structurée
La première relance est généralement amiable :
- rappel du montant dû,
- échéance concernée,
- invitation à régulariser ou à prendre contact.
À ce stade, près de 40 % des situations se régularisent lorsqu’elles sont traitées rapidement.
Étape 3 – Relances formalisées et traçables
En l’absence de réponse, les relances deviennent plus formelles :
- courriers ou emails tracés,
- rappel des conséquences possibles,
- mise en avant des solutions (échéancier, accompagnement).
Cette phase est cruciale pour démontrer la bonne foi du bailleur.
Étape 4 – Mise en demeure
La mise en demeure constitue un jalon juridique clé.
Elle formalise l’impayé, fixe un délai et prépare le terrain du contentieux si nécessaire.
À ce stade, de nombreux dossiers se débloquent encore, notamment lorsque le process est clair et cohérent.
Étape 5 – Pré-qualification du contentieux
Lorsque la situation ne se régularise pas, le bailleur doit être en mesure de décider rapidement :
- passage en contentieux,
- maintien en pré-contentieux,
- activation de dispositifs sociaux ou partenaires.
Cette décision repose sur la qualité des données accumulées pendant toute la phase précédente.

Les risques d’un pré-contentieux mal géré
Un pré-contentieux insuffisamment structuré entraîne des effets en cascade :
- allongement du délai moyen de recouvrement (parfois +6 mois),
- augmentation des montants irrécouvrables,
- fragilisation juridique des dossiers,
- surcharge administrative des équipes,
- perte de visibilité sur l’état réel du parc.
Dans certains parcs, ces dérives représentent plusieurs points de marge locative perdus chaque année.
Pourquoi le pré-contentieux est avant tout un sujet d’organisation
Contrairement aux idées reçues, le pré-contentieux n’est pas uniquement un sujet juridique.Il implique :
- la gestion locative,
- la comptabilité,
- parfois les équipes sociales,
- parfois des prestataires externes.
Sans outil centralisé, l’information se disperse, les actions se chevauchent et les délais s’allongent.
Le rôle clé des outils numériques dans le pré-contentieux
Un logiciel de gestion locative permet de structurer l’ensemble du process :
- détection automatique des impayés,
- déclenchement de relances selon des règles définies,
- historisation de chaque action,
- vision consolidée des dossiers à risque,
- indicateurs de pilotage (ancienneté de la dette, taux de régularisation).
Avec un outil comme Ublo, le pré-contentieux devient un process industrialisé, tout en restant personnalisable dossier par dossier.
Des résultats mesurables pour les bailleurs
Les bailleurs ayant structuré leur pré-contentieux avec des outils adaptés observent généralement :
- une réduction significative des délais de relance,
- une amélioration du taux de régularisation en phase amiable,
- une baisse du nombre de dossiers basculant en contentieux lourd,
- une meilleure visibilité financière.
Le pré-contentieux devient ainsi un levier direct de performance et de sécurisation.
FAQ – Pré-contentieux locatif
1. Le pré-contentieux est-il obligatoire ?
Il n’est pas formellement obligatoire, mais indispensable en pratique pour sécuriser un dossier.
2. À partir de quand parle-t-on de pré-contentieux ?
Dès qu’un impayé persiste au-delà des premières relances amiables.
3. Un logiciel peut-il vraiment réduire les impayés ?
Il ne supprime pas les impayés, mais améliore fortement la rapidité, la cohérence et la traçabilité des actions.
4. Le pré-contentieux est-il différent dans le logement social ?
Oui, les processus sont souvent plus encadrés, avec une dimension sociale renforcée, ce qui rend l’outillage encore plus critique.







